La musique des années 80

Written by on 22 août 2018

Les années 80, c’est Patrick Bateman qui en est la meilleure métaphore. Le héros duAmerican Psycho de Bret Easton Ellis est un trader tellement obsédé par son apparence, ses gadgets, ses possessions, son plaisir, qu’il en a perdu toute âme. Aussi séducteur et creux qu’une chanson de Madonna, aussi malsain qu’un riff de Slayer, aussi froid qu’un son de synthé de Depeche Mode…

Les années 80 sont celles de froid. Le règne de l’image. Peu importe la chanson, pourvu qu’on ait le clip. Plus que la sensualité, le plaisir et la jouissance, c’est l’image de du bonheur qui compte. Publicitaires qui se prennent pour des artistes, artistes rabaissés au rang de produits. Le divertissement est plus que jamais la propriété d’une industrie sans âme. Les studios reprennent la main à Hollywood, renvoyant dans les cordes les grands auteurs-réalisateurs des années 70. Exit le Parrain, bonjour Crocodile Dundee. Les mots « artistes » et « musiciens » ont-ils encore un sens pour l’industrie du disque des années 80 ? Non pas que l’industrie de la musique ait été auparavant respectable et vertueuse, mais dans les années 80, on descend encore d’un cran dans la médiocrité et le mépris de la musique. Tout le travail était fait en amont pour trouver la fille aux bonnes mensurations – la voix, peu importe, le playback, c’est pas fait pour les chiens –, puis plancher sur son look, séances-photos, gros travail autour du clip, choisir le bon réal, une histoire simple et un visuel surchargé de couleurs, auditionner les danseurs, les figurants … merde, manque la musique… un coup de boîte à rythmes, une petite mélodie de synthé sur 3-4 notes, une ou deux boucles de sons électroniques, emballez c’est pesé ! C’est très cliché, me direz-vous, mais pas autant que la musique au kilomètre que vomissait la bande FM


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